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ToggleJeudi 29 octobre 2026, notre association nous a proposé une escapade à la découverte de l’île de l’Aute, au cœur de l’étang de Bages-Sigean.
Nous étions quinze participants, accompagnés de Marc, archéologue reconnu, venu partager avec nous ses connaissances sur l’histoire, la géologie et les richesses naturelles de cette île méconnue.
Sous un magnifique soleil automnal, nous avons rejoint l’île depuis l’embarcadère de Port-Mahon, par une courte traversée en bateau. Une journée de découverte, ponctuée de belles observations et d’un pique-nique partagé, nous attendait.
L'île de l'Aute, un territoire à part
Avec ses quelque 40 hectares, l’île de l’Aute occupe une place singulière au cœur de l’étang de Bages-Sigean, dans le département de l’Aude.
C’est la plus haute île de cet ensemble lagunaire. Son point culminant, le pic des Pierres Blanches, atteint 57 mètres d’altitude.
Aujourd’hui inhabitée, elle offre un paysage contrasté où alternent reliefs calcaires, falaises, garrigues, pineraies et zones humides.
Protégée au titre des sites naturels inscrits depuis 1966, elle appartient au Conservatoire du littoral depuis 1984.
Derrière son apparente tranquillité se cache pourtant une histoire particulièrement riche, marquée par plusieurs millénaires de présence humaine.
Sur les traces des premiers habitants et des Romains
L’île de l’Aute n’a pas toujours été ce territoire sauvage et inhabité que nous avons découvert. Elle conserve les traces d’une présence humaine très ancienne.
Les recherches archéologiques attestent une occupation dès la Préhistoire. Aux IIIe et IIe siècles avant notre ère, un habitat de pêcheurs s’y développe. La proximité de l’eau et les ressources de la lagune ont naturellement favorisé ces premières installations.
À l’époque romaine, l’île occupe également une place intéressante dans l’organisation des échanges commerciaux.
Un débarcadère gallo-romain permettait aux navires marchands de déposer leurs cargaisons. Les marchandises étaient ensuite transférées sur des embarcations de plus faible tirant d’eau, capables de naviguer dans les eaux peu profondes de la lagune pour rejoindre le port antique de Narbonne.
Cette organisation témoigne de l’importance économique et commerciale de l’ancien système lagunaire narbonnais.
L’histoire de l’île se poursuit durant les siècles suivants. Une nécropole paléo-chrétienne, datée des Ve au VIIIe siècles, a notamment été découverte dans la partie centrale de l’île lors de fouilles archéologiques réalisées dans les années 1970.
Ainsi, derrière les paysages paisibles que nous avons parcourus se cache une histoire humaine de plusieurs millénaires.
Une végétation méditerranéenne et une faune discrète
L’île de l’Aute ne se résume pas à ses falaises et à son passé. Elle abrite également une mosaïque de milieux naturels : pelouses salées en bordure de lagune, garrigue, pinèdes et végétation accrochée aux pentes calcaires.
Parmi les plantes remarquables signalées sur l’île figure l’Héliotrope de Curaçao, une espèce peu commune qui contribue à l’intérêt botanique de ce territoire.
La lagune et les rivages accueillent aussi de nombreux oiseaux. Lors de notre visite, nous avons pu observer des mouettes, des goélands et des cormorans.
Nous n’avons pas aperçu de flamants roses ce jour-là, mais ces oiseaux font partie de la richesse ornithologique de l’étang de Bages-Sigean, particulièrement en période hivernale.
Cette diversité de paysages et d’espèces rappelle combien l’île est un espace naturel fragile, dont la préservation est essentielle.
Le pic des Pierres Blanches : au sommet de l'île
Avec ses 57 mètres d’altitude, le pic des Pierres Blanches constitue le point culminant de l’île de l’Aute. C’est aussi l’un des repères qui permettent de comprendre le relief particulier de ce territoire posé au milieu de l’étang.
Au fil de notre progression, nous avons rejoint ce point haut, après avoir longé les rives et traversé les paysages rocheux de l’île.
Depuis les hauteurs, le regard embrasse les étendues de l’étang de Bages-Sigean et ses rives. L’île apparaît alors comme un promontoire naturel, isolé au milieu des eaux.
Cette étape nous rappelle que l’île de l’Aute est autant un lieu de découverte historique qu’un belvédère privilégié sur le paysage lagunaire.
La vieille ferme, dernier témoin d'une vie insulaire
Après le passage par le pic des Pierres Blanches, notre parcours nous a conduits vers l’ancienne ferme de l’Aute.
Ce bâtiment rectangulaire, reconnaissable à ses imposants contreforts, rappelle que l’île fut autrefois un lieu de vie et de travail. Mentionnée dès 1776 sous le nom de « Logement du Fermier », la ferme était au cœur d’une exploitation agricole, notamment viticole.
La vigne a longtemps façonné le paysage de l’île. Mais, comme d’autres activités agricoles de ce territoire isolé, l’exploitation a progressivement décliné avant d’être abandonnée dans les années 1950. L’île a cessé d’être habitée à cette époque.
Aujourd’hui, les vestiges de la ferme sont les témoins silencieux de cette vie passée. C’est à proximité de ces bâtiments que nous avons fait notre pause pique-nique, avant de reprendre le chemin vers le point d’embarquement.
Un moment de convivialité au milieu d’un paysage chargé d’histoire.
Préserver ce patrimoine, transmettre son histoire
L’île de l’Aute est bien plus qu’un îlot au milieu de l’étang. Ses paysages, ses vestiges archéologiques et les traces de son ancienne vie agricole racontent une histoire qui remonte à plusieurs millénaires.
Cette journée nous aura permis de mieux comprendre ce patrimoine exceptionnel et de mesurer la richesse d’un environnement naturel qu’il nous appartient de préserver.
Un grand merci à Marc pour la qualité de ses explications et le partage de ses connaissances, ainsi qu’à tous les participants pour leur bonne humeur et leur convivialité.
Une belle découverte collective, qui donne envie de revenir sur les rives de l’étang de Bages-Sigean pour poursuivre l’exploration.



























